Archives par étiquette : transposer

Faut-il traduire la poésie ?

poésie et traductionParce qu’elle est affaire de jeux de langage, de formes et bien souvent de musicalité, la poésie, plus encore qu’un autre genre littéraire, résiste à la traduction. Elle n’a pourtant cessé d’être traduite depuis des siècles alors, comment traduire l’intraduisible ?

Si traduire la poésie est souvent considéré comme irréalisable, l’affaire n’a pourtant pas découragé la plupart des traducteurs. Le célèbre écrivain et philosophe français Albert Camus avait d’ailleurs une position très tranchée sur le sujet : la poésie étant par essence intraduisible, il se refusait à lire la poésie étrangère en traduction.

Il était d’ailleurs très frustré de ne pouvoir découvrir certains poètes dont il ne maîtrisait pas la langue mais s’imposait cela afin de ne pas dénaturer sa perception de l’œuvre originelle, par respect pour son auteur.

Lorsqu’il fut interrogé en conférence de presse en 1957, juste avant de recevoir son Prix Nobel de littérature, Camus avait d’ailleurs mentionné René Char lorsqu’un journaliste suédois lui avait demandé s’il entretenait une certaine forme d’admiration pour quelque compatriote. Invitant son auditoire à découvrir Char, il lâchait, au détour d’une phrase : « Malheureusement, la poésie ne se traduit pas ».

Interprète : qui es-tu..?

Que fait un interprète- (2)

Les interprètes de conférence sont souvent appelés à tort “traducteurs” et le grand public ne perçoit pas nécessairement les différences entre ces métiers. Comment les distinguer ?

Le terme de “traduction” désigne l’activité qui consiste à transposer un texte écrit d’une langue A vers une langue B. L’activité de l’interprète, elle, se déroule oralement et dans un contexte spécifique.

Dans les deux cas, il ne s’agit pas d’un transcodage de mots d’une langue dans une autre, et dans les deux cas, le travail intellectuel requis présente des similitudes.

L’interprétation repose sur la langue orale, tandis que la traduction porte sur l’écrit. De ce fait, l’interprétation emprunte des canaux linguistiques spécifiques : les propos de l’orateur sont tenus oralement, passent par la voix et la prosodie, utilisent également la rhétorique, la gestuelle et l’intonation.