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Homme vs. Intelligence artificielle : le traducteur humain remporte une première bataille !

ALLTRADIS__lhomme-contre-la-machineAprès les échecs ou le jeu de go, ou encore plus récemment avec le poker, l’intelligence artificielle a montré ses aptitudes à battre des champions humains. Toutefois, il lui reste encore de gros progrès à accomplir pour en faire de même dans le domaine de la traduction

Sous l’égide de l’International Interpretation and Translation Association et de l’université de Sejong en Corée du Sud, quatre traducteurs professionnels humains ont été confrontés à trois programmes de traduction à base d’intelligence artificielle : Google Translate, Systran et l’application Papago de Naver.

Les traducteurs humains ont eu 50 minutes pour traduire quatre textes littéraires et non littéraires de l’anglais vers le coréen et du coréen vers l’anglais. Un accès à Internet leur était autorisé, sachant qu’aucun des textes n’avait déjà fait l’objet d’une traduction. Également connectés à Internet, les trois programmes ont fait de même mais cinq fois plus vite.

La qualité de la traduction a été évaluée en fonction de trois critères avec un maximum de 5 points chacun : exactitude, expression, logique et organisation. Sur un score parfait de 60 avec les quatre textes, les traducteurs humains ont obtenu 49 points alors que le meilleur des trois systèmes d’intelligence artificielle n’a obtenu que 28 points. Les scores spécifiques de chaque programme ne sont pas divulgués.

Selon les organisateurs de cette compétition cités par l’agence de presse coréenne Yonhap, le problème avec les intelligences artificielles est que la traduction tirant parti de l’approche NMT (Neural Machine Translation ; différente de l’approche automatique statistique) et faisant appel à un réseau de neurones artificiels et des techniques de deep learning, ne permet pas de comprendre suffisamment le contexte.

Ils ajoutent que pour des textes traduits avec l’approche NMT, les maladresses grammaticales sont nombreuses. Un représentant de Systran reconnaît des difficultés pour traduire des nuances et émotions qui découlent de phrases

Quoi qu’il en soit, les traducteurs humains ont encore de belles années devant eux même si les intelligences artificielles, travaillant jour et nuit, sauront peut-être rattraper leur retard, un jour ou l’autre. Restera au consommateur le choix du roi entre sciences humaines (formation universitaire, travail en entreprises, savoir-faire, sensibilité, confidentialité) et machine (uberisation de la traduction, vite fait, mal fait, remise en question d’un modèle social et culturel).

“Le lecteur idéal est un traducteur. Il est capable de décortiquer un texte, d’en retirer la peau, de le couper jusqu’à la moelle, de suivre chaque artère et chaque veine et ensuite de mettre sur pied un nouvel être vivant”.  Alberto Manguel

Bonnes traductions : Séoul vous offre des récompenses !

rues-coreeDans le cadre d’une initiative visant à supprimer les nombreuses coquilles présentes sur les panneaux de signalisation des rues de la capitale, la mairie de Séoul offre de belles récompenses aux habitants et aux touristes susceptibles d’apporter leur aide…

Séoul ne rigole plus avec les traductions approximatives et souhaite se débarrasser des nombreux panneaux de signalisation, criblés de grossières erreurs de traduction pouvant parfois prêter à rire. Visiblement las d’être devenue la cible répétée de moqueries à cause de son Konglish (un mélange de coréen et d’anglais), la mairie a décidé qu’il était temps de prendre des mesures !

Dans le cadre d’une campagne longue de deux semaines, Séoul a ainsi décidé d’en appeler à l’aide de ses habitants, mais aussi de ses touristes, comme le rapporte un récent article du Korea Times. Ceux qui décideraient de se prêter au jeu se verront récompensés sous forme de chèques cadeaux, à la condition d’être en mesure de fournir par e-mail une preuve visuelle et l’emplacement exact d’erreurs dans les textes en anglais, en japonais et en chinois.

Au total, la ville a alloué à l’entreprise une cagnotte d’1,6 million de wons de récompenses (soit environ 1280 euros). De plus, un bon d’achat additionnel d’une valeur de 160 euros, accompagné d’un « prix d’excellence », sera décerné à la personne ayant repéré le plus d’erreurs de traduction. Ce faisant, l’objectif de la ville est à terme d’améliorer l’expérience des touristes étrangers en visite à Séoul. Pour cette raison, la mairie demande que soit portée une attention particulière aux pancartes des transports en commun, aux diverses cartes, ainsi qu’aux écriteaux situés à proximité des sites et monuments historiques.

Alors que l’affiche promotionnelle de la campagne pointe du doigt des coquilles relativement bénignes, l’Internet sud-coréen est lui depuis longtemps inondé d’erreurs autrement plus drôles, voire même parfois carrément embarrassantes, qui fleurissent notamment sur les menus des restaurants de la ville, ainsi que le signale la BBC. Un peu plus tôt cette année, le gouvernement sud-coréen avait d’ailleurs annoncé son intention de remédier au problème en envoyant sur le terrain des équipes de fonctionnaires de deux ministères accompagnés d’experts culinaires…