Prix Konishi : Une reconnaissance pour les traducteurs de Manga

Traducteur de manga ? Bien loin des clichés parfois véhiculés sur sa violence et sa pauvreté scénaristique, le format manga est un genre littéraire à part entière, avec ses chefs-d’œuvres, ses stars et ses aficionados. Le public français, particulièrement friand de mangas, est souvent condamné à attendre patiemment la traduction de l’oeuvre originale en Japonais… Il était temps de reconnaître le talent des passeurs qui donnent voix aux mangas en France !

Une reconnaissance pour le Manga… Et ses traducteurs

Comprenant le rôle du manga dans la popularité et la diffusion de la culture Japonaise dans le monde, c’est l’Ambassade du Japon elle-même qui a conclu un partenariat avec la fondation Konishi pour lancer ce grand Prix Konishi. Un vrai bond en avant pour le manga, qui sort de son éternel image de “sous-genre” ! À l’instar des comics américains ou de la bande dessinée franco-belge, ce genre littéraire acquiert peu à peu ses lettres de noblesse.

And the winner is…

Le Grand Prix 2018 de la Fondation Konishi a été décerné à Sébastien Ludmann pour sa traduction de Golden Kamui de Satoru Noda, un western oriental qui prend place dans l’île septentrionale de Hokkaido au début du XXème siècle. Sur fond de conflit entre les empires Russes et Japonais, l’histoire raconte l’aventure d’un soldat perdu, sur la trace d’un trésor dans des contrées sauvages, bien loin de Tokyo.

Bien connu du milieu pour avoir fait ses armes sur de nombreux autres titres exigeants tels que Cesare, Ad Astra, Hawkwood ou plus déjantés comme Bloody Delinquent Girl Chainsaw, Sébastien Ludmann affirme avoir hésité à traduire Golden Kamui, pris entre la popularité du titre et le pressentiment que la tâche serait complexe…

La difficulté de traduire

Et la tâche était en effet complexe : Golden Kamui contient de nombreuses références à la culture aïnou (une population des confins du Japon septentrional et de l’extrême-Orient Russe), qui sert de toile de fond à la majeure partie du récit. Le premier défi était donc de retranscrire, sans les travestir, les concepts culturels aïnous, mais la difficulté ne s’arrête pas là : avec ses nombreux termes botaniques et militaires n’ayant parfois pas d’équivalent français, Golden Kamui ne se laissait pas facilement approcher et nécessitait un solide bagage culturel.

Traduction fidèle ou adaptation ?

Ahmed Agne, cofondateur et directeur éditorial des éditions Ki-oon, qui éditent Golden Kamui en France, avait laissé au traducteur la liberté d’adapter au lectorat cible. Un parti-pris pour un texte fluide et naturel, qui laisse de côté la traduction littérale pour rendre au mieux l’esprit du manga et la volonté de l’auteur… en Français.

Un pari gagné pour Sébastien Ludmann qui reçoit le premier Grand Prix Konishi !

Golden Kamui
Éditions Ki-oon
Sélection du Prix Asie ACBD 2017

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