Que deviennent les anciens interprètes afghans ayant travaillé pour l’armée française ?

 

armee francaises

Depuis que l’armée française a commencé à retirer ses troupes d’Afghanistan en 2012, une question est pourtant toujours d’actualité : que vont devenir les interprètes locaux avec qui la France a pourtant collaboré depuis de nombreuses années à la résolution de ces conflits armés, et qui sont maintenant menacés de représailles par les Talibans ?

Dès que la guerre en Afghanistan a débuté, les armées des différents pays engagés ont immédiatement eu besoin, sur place, de cinq mille interprètes afghans. Mais c’est quand les armées de ces mêmes pays ont commencé à retirer leurs troupes que les interprètes, abandonnés sur place, ont immédiatement été catalogués de traîtres. Menacés et traqués par les Talibans, et sentant leur propre vie et la vie de leurs familles en danger, ces interprètes se sont mis à la recherche de visas pour quitter dès que possible l’Afghanistan. Récemment, une vingtaine d’autres anciens interprètes de l’armée française ont manifesté à Kaboul, devant l’Ambassade française, pour demander des visas et leur « protection » contre les Talibans.

Entre 2002 et 2013, pas moins de 800 personnels civils de recrutement local ont travaillé pour l’armée française en qualité d’interprètes. Parmi eux, seules 70 personnes se sont vues accorder des visas. La France ne semble pas vouloir se préoccuper de ces questions, soit par manque de budget, soit par manque de visas. Les interprètes n’en valent-ils plus la peine ?

Le problème n’est malheureusement pas valable que pour la France puisque d’autres pays comme le Royaume-Uni ou le Canada ont eux aussi reçu des centaines de sollicitations. Depuis le début de la guerre en Afghanistan, plus de 2 000 interprètes ont travaillé avec l’armée britannique et le gouvernement britannique n’accordera que 600 visas au total aux interprètes menacés de mort aujourd’hui.

Même l’AIIC (l’Association Internationale des Interprètes de Conférence) qui représente plus de 3 000 interprètes de conférence dans le monde entier vient d’écrire une lettre ouverte au Président Hollande avec l’objectif de le convaincre d’octroyer l’asile aux linguistes afghans !

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